Les conditions de travail dans l'industrie vestimentaire

Nous savons que vous en avez déjà entendu parlé! Nous savons que la plupart d'entre nous connaissons les grandes lignes des conditions de travail des travailleurs de l'industrie du textile dans plusieurs pays. Nous sommes un peu consternés que la population en général continue de cautionner certaines entreprises déjà bien identifiées. Pour cette raison, on se penche à nouveau sur la question et on vous remet les grandes lignes de ce que cela implique au niveau des conditions de travail qui sont tellement liées à la qualité de vie.

Et si nous parlions des conditions de travail canadiennes?

Bien sur, le Canada ne sera jamais parfait au yeux de tous. C'est un pays qui dénombre un certain nombre de défis de taille mais qui a aussi certains avantages indéniables. Nous vivons dans un pays dit industrialisé où la qualité de vie est élevée. Ce n'est pas vrai pour tous mais c'est généralement vrai. Dans cette qualité de vie, un des atouts réside dans la législation des conditions de travail et dans les lois sur l'environnement. Ici, nos travailleurs sont protégés par toutes sortes de manières. 

Les lois sur les conditions de travail protègent les travailleurs au niveau du salaire minimum certes, mais aussi sur le nombre d'heures travaillées, les congés de maladie, les congés parentaux, la santé et la sécurité au travail, les conditions de fin d'emploi, les vacances... À cela s'ajoute le droit de s'unir pour faire part de notre opinion par l'entremise des syndicats. Ces derniers négocient aussi des meilleures conditions de travail que ce que la loi oblige. Et on en rajoute encore avec La loi sur la protection de l'environnement et Santé Canada qui interdisent certaines substances toxiques tant en milieu de travail qu'ailleurs. Vous allez dire que nous pourrions faire mieux et vous êtes tout à fait non seulement en droit de le penser et vous avez raison! Mais...

Qu'en est-il des pays ou la majorité de nos vêtements sont conçus?

En 2015, il était évalué que la Chine était en tête de liste en tant qu'exportateur de vêtement avec plus de 160 milliards de dollars canadiens d'exportation dans cette industrie.  Ceci représente près de 40% de la production mondiale. Elle est suivie de loin par l'Union Européenne, l'Inde, les États-Unis, le Pakistan et plusieurs autres petits pays.

S'il semble vrai que l'industrie textile chinoise vit une transformation depuis une dizaine d'années, que des nouvelles lois ont été adoptées, que les travailleurs ont vu leurs conditions de travail s'améliorer et que certaines entreprises arrivent à y produire des vêtements éthiques (Patagonia), la majorité des vêtements qui y sont produits impliquent des conditions de travail plutôt difficiles. Dans leur effort d'établir des conditions de travail plus louables, le salaire minimum des employés de l'industrie à considérablement augmenté au cour des dernières années. Les employés gagneraient aujourd’hui, en moyenne, 240$/semaine alors que le salaire minimum de subsistance est évalué à 560$/semaine. Cela demeure encore nettement insuffisant.

Bien que le gouvernement chinois ait mis en place plusieurs lois visant la protection des travailleurs, celles-ci ne sont pas vraiment appliquées et peu de contrôle est exercé en ce sens. Il existe encore aujourd'hui du travail forcé (jusqu'à 80h par semaine) et une pénurie de plus en plus ressentie de travailleurs peu spécialisé incite encore en 2018 à faire travailler les enfants. La Fédération internationale des Droits de l'Homme décrit encore plusieurs pratiques de la Chine.

 

Qu'en est-il de l'impact des améliorations en Chine?

La jonction de l'amélioration des conditions de travail dans le domaine textile et la pénurie de main d’œuvre peu spécialisée en Chine a amené certaines marques à se délocaliser massivement et à chercher des alternatives leur permettant de garder un haut niveau de rentabilité. Elles se sont dirigées dans des pays où la main d’œuvre est encore plus bon marché. Alors que le salaire quotidien moyen en Chine tourne autour de 27$/jour, cette délocalisation massive s'est vue allé vers le Bangladesh, le Vietnam (6,70$/jour), l'Indonésie (8,60$/jour), le Myanmar... Ces pays légifèrent non seulement un salaire minimum encore plus bas mais des conditions de travail encore plus déplorables. Un reportage fort éloquent sur les conditions de travail dans ces pays a été réalisé, il est à voir et à revoir :




Nous sommes certains que vous saviez déjà la majorité des informations contenues dans cet article de blogue! Toutefois, le ''Fast Fashion'' bat son plein dans la société actuelle. L'achat de vêtements écologiques, de vêtements canadiens et de vêtements éthiques est encore marginal aujourd'hui. Nous vous invitons à tenir compte des différents aspects mentionnés afin d'utiliser votre pouvoir de consommateur et de faire changer les choses. Au bout du compte, quoi que vous en pensiez, c'est nous qui détenons le pouvoir de notre consommation et ce sont nos choix qui influencent les entreprises à se responsabiliser. Pensez-y! Vous n'êtes pas encore convaincus? Renseignez-vous en lisant les quelques lectures complémentaires que nous avons dénichées pour vous.

Écologiquement vôtre

www.eco-loco.ca  


Lectures complémentaires


Les travailleurs chinois à la conquête de leurs droits Quel rôle pour les marques?


Conditions de travail des travailleurs du textile au Bangladesh 


Les effroyables conditions de travail des employées des usines H&M en Asie

Photos:  Enfant au travail et Couturières au travail


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