La coloration des textiles

Lorsqu'on considère l'impact écologique d'un vêtement, nous devons tenir compte de toutes les phases de son cycle de vie.  C'est-à-dire, de sa culture, de sa récolte ou de son extraction, de son transport, de sa transformation et de sa fin de vie.  Parmi les éléments à considérer dans sa transformation, il y a plusieurs éléments à prendre en compte et parmi ceux-ci, la coloration du textile en est une très importante.

Pourquoi la coloration pèse-t-elle dans la balance?

En fait, la fabrication et l'utilisation des colorants synthétiques ou conventionnels sont deux éléments principaux de l'impact environnemental d'un vêtement.  Bien que les colorants puissent donner des résultats attrayants, ce sont deux des industries les plus polluantes au monde.  Ils présentent à la fois des risques pour la santé des travailleurs les manipulant quotidiennement,  pour les consommateurs ainsi que pour l'environnement.


En effet, il semble que les teintures puissent atteindre le corps humain par l'absorption de la peau. Il est présentement à l'étude que certains consommateurs auraient des réactions cutanées, des nausées et des difficultés respiratoires en lien avec celles-ci. Ceci s'explique par le fait que les colorants synthétiques contiennent entre autres, des métaux lourds (chrome, cuivre, chrome, cobalt et zinc), des phtalates, du formaldéhyde et des dioxines. Aussi, ces derniers peuvent ou sont suspectés de perturber le système endocrinien (hormones) ou causer des cancers et ce, particulièrement chez les travailleurs du textile. 

Au niveau environnemental, Richard Blackburn du Centre des textiles techniques de l'Université de Leeds affirme qu'en moyenne chaque kilo de tissu fini a besoin de 80 à 100 litres d'eau être teint. Par exemple, un t-shirt qui pèse environ 200 grammes utiliserait entre 16 et 20 litres d'eau uniquement pour sa coloration.

De plus, 80% du colorant serait retenu par le tissu. Le 20% restant serait évacué lors de l'étape de rinçage. Cette évacuation pollue l'eau dans laquelle le colorant entre en contact.  Chaque année, l'industrie textile mondiale rejette 40 000-50 000 tonnes de colorant dans les cours d'eau. Certaines entreprises telle que Lenzing ont trouvé le moyen de récupérer l'ensemble des colorants.  Toutefois, cela n'est pas vrai pour l'ensemble des entreprises et certains pays sont plutôt laxes quant à leur réglementation sur les rejets dans l'environnement. A cela, il faut ajouter l'évacuation des teintures par l'eau de lavage domestique. En effet, lorsque nous lavons nos vêtements, il est possible que des particules de teinture soient relâchées dans nos usines de traitement des eaux qui sont incapables de tout filtrer et qui les relâchent à leur tour dans notre système fluvial.

Finalement, les colorants synthétiques posent un défi car ils sont fabriqués à partir de ressources non renouvelables, tel que le pétrole. Non seulement elles ne sont pas renouvelables mais l'utilisation fossilifère libère du C02. 

Quelles sont les solutions envisageables?

Bien qu'il existe au Canada une réglementation sur les étiquettes de vêtements, elle vise principalement la teneur en fibre du vêtements.  Cela signifie que le type de coloration utilisé n'a pas à être identifié.  Ceci dit, une réglementation sur l'identification des procédés de teinture sur les étiquettes de vêtements devrait être obligatoire afin de protéger les citoyens et l'environnement. Sans cette réglementation, il est impossible d’empêcher l’importation de vêtements détenant et libérant des résidus de produits toxiques.

Toutefois, les vêtements qui sont teints au Canada sont soumis à une ensemble de lois et règlements autant au niveau de leur teneur en produits toxiques qu'au niveau des rejets dans l'environnement. En effet, le Canada c'est doté de la Loi canadienne sur la protection de l'environnement (1999), qui tient compte des effluents des usines de textiles.  Donc, depuis le début des années 2000, nos usines textiles sont réglementées autant d'un point de vue des matières utilisées que des rejets potentiels. Il vaut donc mieux favoriser des vêtements qui sont teints ici plutôt qu'à l'étranger. 

La solution la plus durable serait de porter des vêtements non teints ou teints avec des substances naturelles.  Toutefois, il existe très peu d'initiative en ce sens et il est peu probable que ce virage soit envisagé à court terme.  Toutefois, il existe de belles initiatives tel que le standard 100 de OEKO-TEX. Il s'agit d'un système indépendant créé en Suisse, en 1992. Ce procéder sert à détecter une liste de substances nocives plutôt exhaustive dans les textiles. Acheter un vêtement certifié OEKO-TEX® devient donc une belle alternative écoresponsable.  

En conclusion, tel que nous l'avons démontré à plusieurs reprises, il est complexe d'avoir un vêtement ''parfait'' en matière d'impact écologique. Le choix du textile est important mais n'est pas le seul élément à considérer.  La teinture est un élément clé.  Malheureusement, même si le vêtement indique la mention ''fait au Canada'', cela ne veut pas dire qu'il est entièrement fait ici.  Nous ne produisons que très peu de textiles et avons aussi très peu d'usine de coloration de ceux-ci.  Toutefois, il est possible de rechercher les vêtements teints ici ou encore ceux étant certifiés OEKO-TEX.  Finalement, il pourra être intéressant de demander à nos designers canadiens de faire analyser leurs vêtements et de les faire certifier.  

 

Écologiquement vôtre, 

www.eco-loco.ca  

 

Lectures complémentaires:

Dyeing for a change: Current conventions and new futures in the textile colour industry

Les dessous toxiques de la mode

Photos:

Pollution des cours d'eau


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